1 Août 2026
Mistigri, dont le destin était lié aux bourgs,
Vivait parmi le bruit et traversait les cours.
Il n’avait nul souci de chercher sa pitance,
Et goûtait des humains la douce bienveillance.
Son ventre rassasié ne connaissait la faim,
Il ne manquait de rien, du moins jusqu'au matin.
/image%2F1564161%2F20260729%2Fob_9acd3d_img-20260213-113301-chats-brasserie.jpeg)
Car sous ses pas grondaient routes et carrefours,
Voitures, cris et dangers menaçaient ses parcours.
Nul ruisseau murmurant, nul arbre hospitalier,
Seulement le béton et les murs familiers.
Et son bonheur payé d’un peu de lait donné
Restait mêlé d’angoisse à chaque instant mené.
/image%2F1564161%2F20260729%2Fob_6348dc_img20260308073631-1-nb-baroudeur-nouve.jpeg)
Grisou vivait placide au fond de sa campagne,
Près d'un vieux corps de ferme, aux pieds d'une montagne.
Les haies étaient son toit, les prés son horizon
Le vent lui contait mille et une chansons.
/image%2F1564161%2F20260729%2Fob_90158e_img-20260523-210728.jpg)
Point d'humains pour servir son repas à l'aurore
Il fallait mériter tout mets que l'on dévore.
Il guettait les mulots au détour d'un sillon,
Surprenant une grive ou quelque gros grillon.
Souris, oiseaux, lézards, parfois proies incertaines,
Nourrissaient ses efforts, sa patience et sa peine.
/image%2F1564161%2F20260729%2Fob_8b197d_12338-sonny.jpg)
Le chat des grands boulevards, un jour, dit à son frère
« Viens donc voir mes quartiers à l'opulence prospère.
Jamais je ne poursuis la moindre proie des champs
Des âmes complaisantes nourrissent les errants. »
Son acolyte répondit : « Certes, abondante est ta table
Mais comment peux-tu dormir d'un sommeil agréable ?
À chaque traversée, le danger te poursuit
La ville est généreuse mais redoutable aussi. »
/image%2F1564161%2F20260729%2Fob_b4e281_img-0382-aria-irene.jpeg)
Le citadin murmura au travers ses moustaches :
« Tes paroles, ami, ne sont point sans panache.
La cité me nourrit, pourtant me fait trembler
Je suis bien rassasié, mais souvent accablé. »
/image%2F1564161%2F20260729%2Fob_a1d7e7_img-20260420-100927-alizee-miteuse-ret.jpg)
Alors le campagnard d'une voix mesurée
Dit « chez moi, nul festin à toute heure assuré.
Je dois compter sur moi, sur mon flair, sur mes pas
Mais les étoiles veillent quand s'endort le repas. »
Morale.
Ne jugeons point trop vite ce destin qu'on envie
Chaque route a ses biens, chaque chemin son prix.
L'abondance et le luxe ont leurs chaînes cachées
La liberté pour gage connaît ses nuits glacées.
Et s'il faut rechercher son bonheur sur la terre
De celui qu'on se crée il faut se satisfaire.
/image%2F1564161%2F20260729%2Fob_3459c0_img-20210209-172305.jpg)
Fable rédigée avec l'aimable collaboration de M. Jean de La Fontaine.
Montage : Fotowalll & Photofiltre
Photos : Miss Tigri, Irène & JM
Cet article est dédié à la mémoire de Zingara, partie en décembre 2025 chez notre amie Miss Tigri. Nos pensées l'accompagnent.